Presse

Présentation par Nolwen Bihan

article Nantes

Article de presse Ordalie : Cologne

Traduction article de presse de Thomas Linden de Cologne : Ordalie

Les Incandescences au Théâtre Berthelot; Montreuil

Quatre supposés jeunes si l’on croit les tenues : jogging, capuche, bonnet… Se font face, immobiles. La tension monte, ils se rudoient et cette gestuelle rugueuse traduit ce qu’elle est d’un mode de communication. On se bouscule pour se dire, puis pour être tout simplement. Dommage qu’au fil de l’œuvre, sans doute par souci de faire sens à tout prix, un genre d’anecdote prenne le pas sur cette chorégraphie du trouble violent. Il y a là un talent mais qui doit choisir de la danse ou du théâtre.

A noter,
Si les interprètes ne sont pas trop crédibles en « adolescents », la gestuelle brute, marquée par une volonté de rugosité très bien exploitée et sans jamais « faire caricature de jeunes » rend pertinent le propos.

Une référence,
L’adolescence est un sujet  peu exploré par la danse. Quelques exceptions cependant comme le Slim de Sophie Boquet (2009), très tendre solo plein de violence.

Philippe Verrièle

 

La Terrasse
Ile-de-France / Festival
LES INCANDESCENCES
Publié le 24 février 2014 – N° 218

Le festival séquano-dyonisien poursuit son travail de défrichage de la jeune création. Aux Incandescences, tout brûle de l’énergie vitale et de l’urgence de faire.

Les projets se suivent et ne se ressemblent pas, mais toujours dans le souci de la nouveauté et dans un esprit d’accompagnement qui donne aux artistes une certaine assise. Leïla Gaudin, par exemple, livre son projet créé en résidence, intitulé En rang deux par deux en référence directe à l’univers qu’elle explore dans cette création jeune public. C’est le cas aussi pour Camille Ollagnier, qui avait reçu en 2013 le Prix Incandescences – SACD – Beaumarchais. Leidenschafts – Gefahr est le nouveau solo qui émane de son cycle Les Garçons sauvages, qu’il crée pour le danseur Adrien Boissonnet. Il faut retenir également le magnifique travail de corps de Nicolas Maloufi, dans Les Rois, ou l’insolente énergie déployée par Thomas Chopin pour parler des pratiques d’une jeunesse frôlant la mort dans Ordalie.

N. Yokel

La Voix du Nord
Roubaix: «Ordalie», la création de Thomas Chopin sonde les errements initiatiques de l’adolescence
PUBLIÉ LE 17/01/2014
STÉPHANIE FRANCHOMME (CLP)

Durant leurs deux semaines de résidence au Gymnase/CDC, Thomas Chopin et sa compagnie L’infini turbulent ont mis les dernières touches à leur nouvelle création de théâtre dansé, « Ordalie ». Dans le thème de l’adolescence que le chorégraphe a choisi de développer, les comportements ordaliques font partie du rituel d’existence.

Aller toujours plus loin, prendre plus de risques, parfois mortels. Pour mieux en mesurer les limites et en tirer les conséquences, heureuses ou pas. Jeudi l’avant-première a touché le public en plein cœur, la pièce allant au bout des contrastes et confrontant la violence des sentiments à la force du geste.
Thomas Chopin est issu à la fois du théâtre, de la danse et du clown. Son travail est alors un ensemble de suggestions très réalistes ou très elliptiques. Il imagine cette pièce comme la transe infernale de quatre jeunes en balade en forêt la nuit et leur lot d’expériences psychédéliques. Mais chaque tableau reflète les maux de l’adolescence en construction et son désir de se sentir vivante. Le besoin absolu d’affronter l’autre. La volonté de goûter à l’interdit, drogue, alcool, sexe. L’utilisation de symboles pour se construire une identité. La contrainte ou le refus d’entrer dans les moules ou de se conformer aux codes de la société. Le geste du funambule qui hésite sans cesse entre chemins sinueux et ligne droite pour mieux trouver sa route. L’affrontement nécessaire avec les rituels de la vie et de la mort.
À la fin de la transe, il ne reste plus qu’une solitude naturelle qui permet de mieux revenir vers les autres. Telle la quête initiatique chère aux contes, ces chemins sinueux sont un passage obligé. Les musiques technos ou de la Nature donnent corps aux variations constantes des sentiments. L’adolescence est un stroboscope qui offre des images multiples et contrastées. Le temps estompe leur nombre, leur intensité, leur réalisme. Mais le tourbillon de la vie fait son œuvre, ne laissant pas d’autre choix que de continuer à avancer.