Thomas Chopin

Chorégraphe, Metteur en scène

Après l’obtention d’une Licence d’Histoire à la Faculté des Sciences Humaines de Nantes et une pratique acharnée de la glisse et du cirque, il se forme au théâtre, au clown et à la danse contemporaine (T.U de Nantes, Théâtre Le Samovar).

Il co-fonde et dirige la Cie Lʼintestine de 2001 à 2003. Il crée des pièces chorégraphiques et burlesques Un jour tout ira mieux et On verra demain. En 2012, il fonde la compagnie Lʼinfini Turbulent et crée la pièce Ordalie en 2014 au CDC de Roubaix et au Festival Les Incandescences. Cette pièce obtiendra le premier prix du Groupe Geste(s) / DGCA.

Il collabore régulièrement en tant que dramaturge, chorégraphe et directeur d’acteurs avec Leila Gaudin, Simon Tanguy, Jeannot Salvatori, Guillaume Mitonneau.

Depuis longtemps, en parallèle, il trace un parcours dʼinterprète. Il danse pour Nasser Martin-Gousset dans Peplum créé à la Maison de la Danse de Lyon et au Théâtre de la Ville, pour Karine Pontiès dans Lamali Lokta et Phebus et Borée. En cirque, il participe aux expérimentations sur La Machine à jouer de Camille Boitel et en rue à la pièce de Philippe Ménard et Alexandre Pavlatta Homo Sapiens Burocraticus. Au théâtre il joue quelques clowns et bouffons dans La Nuit des rois de Shakspeare, un anarchiste dans Les Hommes de rien de E. Labrusse et des victimes et des bourreaux dans Preparadise Sorry Now de R.W. Fassbinder. A l’opéra il joue et danse pour Olivier Py, Stefan Herheim, Robert Carsen et Mariame Clément.

 Vidéo:

Phébus et Borée avec Thomas Chopin et Eva Klimachkova chorégraphie de Karine Pontiès:

187448070

Présentation par Nolwenn Bihan, directrice du T.U à Nantes

Thomas Chopin, l’infini turbulent

Avec la révolte ancrée au corps, Thomas Chopin poursuit unequête au plus près du vivant et des forces paradoxales qui le traverse. Ce qui se loge dans les conflits – intimes, extremes ou sociaux – c’est d’abord un puissant moteur de vie que le chorégraphe n’a de cesse de convoquer. Quand on sonde la biographie de Thomas Chopin, c’est à Nantes et plus précisément au TU que son parcours artistique débute. Ce fils de profs et libraires, tendance libertaires post 68, arrive à l’Université de Nantes en 1995 sur les bancs de la fac d’Histoire. La littérature de son enfance est révolutionnaire et les sciences humaines sont pour lui un une évidence pour comprendre les rouages du monde. Mais c’est sans compter sur l’inauguration d’un théâtre universitaire sur le campus nantais qui lui ouvre d’autres possibles. Très vite, son goût pour le corps social se projette dans le corps physique et la danse, le théâtre ou le jonglage qu’il pratique au TU lui offrent une amplitude de motifs pour appréhender les humanités. Et puis un spectacle du chorégraphe Joseph Nadj avec la promotion du Centre national des Arts du cirque et une performance des clowns russes du Teatr Licedei plus tard, Thomas Chopin lâche la fac, licence en poche, pour l’école de clown du Samovar. Danse, théâtre, mime, acrobatie et clown deviennent les fondations d’un parcours artistique où la physicalité est très prégnante, un ressort d’engagement au présent, où le corps est le coeur du vivant jusque dans sa capacité à sans cesse à défier la mort. Avec Ordalie, sa première création signé en solo, Thomas sonde les failles adolescentes, cette étape de vie ultime, veritable renaissance de l’enfance vers l’âge adulte. Aveu d’intimité ? « Ce que je mets sur le plateau, je l’ai traversé. » Non, pas d’autobiographie ici : « J’ai besoin de connaître physiquement les événements que je veux mettre en scène. Je pratique le corps

social comme une discipline ! Et je tente d’en livrer une approche totalement distancée, non dénuée d’affect, presque sociologique. Une étude de cas.» Pour ce spectacle, Thomas potasse des etudes cliniciennes et sociologiques sur les pratiques extrêmes et le risque. « De l’université, je n’ai pas lâché la pratique bibliographique, je l’applique à mon processus de création. » La capacité de l’humain à défier la vie, à se nourrir des conflits, de la colère ou de la tristesse pour en tirer les forces du vivant sont pour Thomas un paradoxe puissant et nécessaire. « La vie est une aventure, elle est donc jalonnée d’épreuves positives et négatives, on ne doit pas mettre de côté à tout prix le négatif. Ni dans sa vie personnelle, ni dans les injonctions médiatiques ou politiques. C’est ce qui rend la vie enthousiasmante.» Sa prochaine création ? Le charme de l’émeute